Le super pouvoir de l’empathie

Belle-mère, marâtre, vous que l’on appelle parfois les vilaines, avez-vous le souvenir d’avoir été jugées ? Pour vos actes ? Lynchées ? Attaquées ? Est-ce que ça vous a aidé ? Vous aussi vous avez grandement besoin d’empathie, quand vous vous sentez attaquées, par l’ex, par vos beaux-enfants, quand vous ressentez de la peur, de la colère, de la jalousie, de la tristesse, et que vos actes reflètent simplement votre souffrance. Alors l'empathie c'est quoi? ça fait peur? Venez découvrir d'urgence le pouvoir de l'empathie...

Aujourd’hui j’avais envie de vous parler d’un super pouvoir que nous avons tous, depuis notre naissance, un super pouvoir que nous perdons parfois, à cause de la violence qui nous entoure, des rapports de forces qui sont créés dans nos modes de communication, à cause de notre difficulté à accueillir nos émotions et répondre à nos besoins.

Je parle de l’empathie.

Je vous parle souvent de l’importance d’avoir de l’empathie envers soi-même ou de la bienveillance envers soi pour ensuite en avoir pour les autres.

Mais de quoi je parle en réalité ?

C’est quoi l’empathie ?

Je vais m’appuyer sur le travail et la définition de C.Gueguen pour vous parler de l’empathie.

C.Gueguen a repris les travaux de Jean Decety (neurobiologiste à Chicago). 
Elle définit l’empathie ainsi : il s’agit « d’une capacité innée qui permet de détecter et de répondre aux signaux émotionnels d’autrui, capacité nécessaire pour survivre, se reproduire et avoir du bien-être. ».

Elle décrit trois facettes empathiques : l’empathie affective, l’empathie cognitive et la sollicitude empathique.

L’empathie affective :

C’est le fait de ressentir les mêmes émotions que l’autre. Votre conjoint est en colère contre quelqu’un, vous avez la même colère sans que pour autant vous soyez impliquée dans l’histoire. Une amie est triste parce que son mari est mort, vous êtes triste.

L’empathie cognitive :

C’est le fait de comprendre ce qui arrive à l’autre. Vous comprenez pourquoi votre mari est en colère. Votre amie pleure, vous comprenez que c’est parce qu’il y a eu un décès.  Vous comprenez et cela se traduit dans votre posture et dans vos mots.

La sollicitude empathique :

C’est ce qui nous incite à vouloir le bien de l’autre. Votre mari est en colère, vous aimeriez que cette émotion soit déchargée sainement, qu’il s’apaise, que ses besoins soient satisfaits. Votre amie pleure la mort de son mari, vous lui souhaitez de faire le deuil et de retrouver la joie.

Même si cette capacité est innée, elle est liée à l’hormone appelée l’ocytocine (hormone du plaisir et de l’empathie), ce qui signifie que cette empathie doit être développée : plus on est empathique avec quelqu’un, plus ce dernier sera empathique.

En clair, plus vous allez travailler votre empathie, pour vous ou pour les autres, et plus vous en aurez.

Plus vous allez être empathique avec vos beaux-enfants et plus ils pourront être empathiques avec vous .

Je vois quotidiennement des belles-mères se faire lyncher quand elles essaient de parler d’elles, de leurs émotions, de leurs ressentis.

Manquer d’empathie pour elles, c’est prendre le risque de les empêcher d’avoir de l’empathie pour leurs beaux-enfants, et les priver par la même occasion de créer un lien serein entre tout le monde.

L’empathie, ça fait peur ?

L’empathie, ça fait peur parfois .

Et si j’ai de l’empathie pour l’autre, est-ce qu’il va abuser de moi ?

On le voit souvent dans certains modèles éducatifs :
« Ne vous laissez pas faire, sinon l’enfant va en profiter », « Il faut arrêter de chercher des excuses ».

J’ai moi-même cru, à mes débuts de belle-mère, que face à mon beau-fils qui adoptait des attitudes que l’on peut qualifier d’insolentes, turbulentes, avec des mensonges, de l’agressivité, que la solution serait la fermeté.

Ô combien j’étais dans le faux…

C’est vrai que j’ai eu peur de l’empathie, de ce qu’elle m’apprendrait aussi sur moi lorsque j’en aurai pour lui.

Mais c’est pourtant cette empathie qui m’a sauvée, qui a sauvé mon couple et qui a sauvé ma famille recomposée des tensions, des cris, des pleurs, des déceptions et de l’irrespect.

Et parfois, rien ne vaut un exemple pour en parler…

Un exemple du pouvoir de l’empathie

J’en aurai des milliers des exemples, avec mon beau-fils notamment, lors de ses mensonges, lors de ses moments d’opposition…

Mais j’ai envie de choisir les paroles d’une enfant, de 4 ans, en conflit avec son petit frère de 20 mois pour vous parler de ce super pouvoir qu’est l’empathie.

Je vais appeler cette petite fille Léa et son petit frère Milo.

Léa construit des cabanes dans le salon avec son petit frère, ils jouent ensemble mais Milo commence à s’agiter et casse la cabane de Léa.

Léa commence à s’énerver, elle lui demande d’arrêter, mais à 20 mois Milo continue. La colère monte pour Léa, et elle se transforme rapidement en violence, Léa finit par jeter une chaise sur son petit frère.

Milo pleure, le papa des enfants arrive, prend Léa et lui crie que ce qu’elle a fait est inacceptable, il lui demande de s’excuser, elle refuse, il s’énerve et l’a met à l’écart.

Léa a encore plus de colère, elle bouillonne : « à cause de mon frère j’ai plus de cabane et en plus je me fais disputer, c’est injuste ».

On voit alors que là :  

Léa n’a pas remarqué que son frère avait eu mal et peur. Elle n’a pas compris non plus qu’à 20 mois il ne pouvait pas comprendre, elle n’a pas retenu que son geste était violent et qu’une colère s’exprime autrement …

Elle retient que c’est injuste et ne tire aucun apprentissage de la situation.
Pourquoi ?

L’empathie !

Elle n’a pas reçu d’empathie alors que dans cette situation, elle a aussi été en difficulté. Son comportement, bien que non tolérable, était le symptôme d’une difficulté qu’elle n’a pas su gérer (de par son immaturité cérébrale entre autre, mais ça fera l’objet d’un autre article).

Attaquer, juger, le comportement sans apporter de l’empathie, c’est « donner un coup de poing sur une blessure » comme le dit Catherine Dumonteil-Kremer.

Alors comment faire ?

Déjà je tiens à préciser qu’entendre, accueillir l’émotion, avoir de l’empathie, ce n’est pas tolérer l’acte en lui-même.

Dissocions alors les actes des émotions et des besoins qui en sont à la source.

Je suis allée la voir et je suis sortie de tout jugement, j’ai fait appel à mon super pouvoir 😉

« Tu me sembles être très en colère, tu voudrais me la dessiner cette colère ? »

« Oui, à cause de mon frère je me fais tout le temps disputer, j’avais mis du temps à construire cette cabane et il m’a tout cassé »

« Ah oui, je vois, tu y tenais beaucoup. Oh lalala elle est grosse ta colère, elle a beaucoup d’yeux et des grandes dents »

« Oui, et même qu’elle a envie de tout manger »

« Et elle aurait besoin de quoi cette colère ? »

« Qu’on arrête de la gronder tout le temps »

« Ah oui, elle a l’impression qu’on la dispute tout le temps et que c’est injuste ? Elle a besoin d’amour alors, de savoir qu’on l’aime ? Qu’elle n’est pas mauvaise ? Qu’on l’entende ? Tu veux me dire ce qu’elle a à dire ? »

« Oui, elle dit que c’est la pire des grandes sœurs, qu’elle est nulle »

« Elle ne sait pas qu’on l’aime ? Qu’on l’aimera toujours ? »

« Non c’est tout faux, on l’aime pas, on la déteste »

« Oh ce doit être terriblement difficile de ressentir ça dans son cœur . Dis-lui que ce n’est pas contre elle que papa s’est mis à crier, mais contre ce qu’elle t’a fait faire en jetant la chaise, elle l’a fait parce qu’elle n’a pas été entendu avant et elle est devenue tellement grande qu’elle est devenue violence, mais ce n’était pas contre elle, dis-lui qu’elle avait le droit d’être là, que je sais qu’elle était venue te dire que tu avais besoin de sécurité et de considération pour ta cabane et pour les efforts que tu avais fournis à la faire »

« Moi je ne l’aime pas cette colère, je la déteste ! Regarde, le petit frère il a cassé le jardin de sa sœur là (elle dessine), mais on va réparer (elle écrit « ON VA REPARÉ »), et elle dessine un nouveau jardin tout beau avec des fleurs »

« Moi je l’aime ta colère, ta jalousie aussi, car elles nous permettent de savoir ce qu’il se passe en toi, c’est la violence que je n’aime pas, la violence de la chaise lancée sur Malo et qui lui a fait mal, qui l’a rendu triste, qui lui a fait peur. »

« Il a eu mal ? Ah oui , ça a dû le rendre triste d’avoir une chaise lancée par sa sœur sur lui … tiens, la sœur elle lui offre des fleurs du jardin à son petit frère (elle dessine), et puis la colère elle se transforme en joie qui pleure d’émotion avec de GROOOOSSSES larmes, je la fais en jaune maintenant, et puis elle devient petite… »

Puis, elle part en courant faire un bisou à son frère et lui dire pardon, sans que j’aie eu quoi que ce soit à dire, ou à faire. Elle lui donne alors des dessins et des jeux, lui propose de jouer à nouveau avec lui.

Je n’ai eu qu’à venir vers Malo pour lui expliquer ce que lui avait ressenti, ce que sa sœur avait ressenti, et mettre des mots sur leurs besoins.

L’empathie s’était chargée de l’apprentissage.

L’Empathie pour les autres commence toujours par une empathie pour soi

Belle-mère, marâtre, vous que l’on appelle parfois les vilaines, avez-vous le souvenir d’avoir été jugées ?
Pour vos actes ? Lynchées ? Attaquées ? Est-ce que ça vous a aidé ?

Vous aussi vous avez grandement besoin d’empathie, quand vous vous sentez attaquées, par l’ex, par vos beaux-enfants, quand vous ressentez de la peur, de la colère, de la jalousie, de la tristesse, et que vos actes reflètent simplement votre souffrance.

Cette empathie si personne ne vous l’accorde, alors accordez la déjà à vous-même, c’est le plus beau cadeau que vous pouvez vous offrir à vous, mais aussi à votre famille.

Car si vous avez de l’empathie (réelle) pour vous, alors vous pourrez en avoir pour les autres…

Alors les pires comportements pourront être reçus différemment, vous ne donnerez plus un coup de poing sur une blessure, mais vous agirez pour réparer cette blessure afin que le comportement ne se reproduise plus.

Car, je le répète, avoir de l’empathie ne signifie pas cautionner les comportements, l’empathie c’est entrer en lien et c’est ce lien qui peut changer nos rapports.

Mais que l’on ne se méprenne pas sur mes intentions.

Je ne suis pas en train de vous proposer une injonction à la bienveillance, à l’empathie. Je ne dis pas que c’est facile. L’empathie est parfois un réel apprentissage, cela demande aussi d’y croire je crois.  

En tant que mère, belle-mère, en tant que personne aussi, on fait souvent de gros efforts pour être bienveillant, on en vient parfois à se forcer, à être fausse.

Si on se force à être bienveillant , ça ne peut pas être compatible avec la notion de bienveillance envers soi.

Faire des efforts signifie lutter contre quelque chose, que ce soit une émotion, un besoin, un comportement qu’on aurait.

On entre donc dans un rapport de force, le rapport de force est TOUJOURS délétère à la relation. Que ce soit avec vos beaux-enfants, dans votre couple mais aussi dans la relation à vous-même.

Pour changer cette dynamique : cesser de lutter contre soi.

On doit alors premièrement passer par faire un vrai travail pour découvrir le pouvoir de l’empathie envers soi-même.

Avoir de l’empathie, de la bienveillance envers soi, ce n’est pas devenir égoïste, ce n’est pas faire passer ses besoins avant ceux de nos beaux-enfants, de notre conjoint, ce n’est pas être supérieur.

Être bienveillant envers soi, c’est s’accueillir : sans se juger, ni se flageller.
C’est accueillir aussi la facette de nous qui nous dévalorise voire nous écrase.
C’est ne pas laisser se tenir des dialogues internes de jugement.
C’est ressentir de la tristesse, de la colère, de la jalousie sans se sentir honteuse, ou agacé de ressentir tout ça.

Si tout ça vous paraît difficile, que vous n’arrivez pas à comprendre d’où vient cette négativité sur vous, si vous n’arrivez pas à vous accorder de l’empathie, de l’amour inconditionnel, alors n’oubliez pas que des personnes peuvent aussi le faire pour vous dans un premier temps.

Si vous avez besoin, n’hésitez pas à me contacter.



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© La douceur des hérissons – accompagnement familial pour belles-mères en difficulté / familles recomposées
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